Les petits déj’ des Tattes agrémentés de délicieux produits de la boulangerie Jenny
Comme presque chaque jour de la semaine, Lesia, requérante d’asile d’origine ukrainienne, se trouve à 14h30 tapantes à la boulangerie Jenny à Châtelaine. Elle vient récupérer tous les pains, viennoiseries et autres mets invendus de l’établissement pour les transporter dans un petit chariot jusqu’au centre d’hébergement collectif des Tattes, où elle réside. Mary, une autre bénéficiaire provenant du Venezuela et résidente dans le centre fait de même dans le second lieu que possède Jenny, au beau milieu des Halles de Rive, presque tous les soirs, lors de la fermeture à 19h.

Une collaboratrice, bras droit du patron Scott Jenny, explique : « Nous sommes ravis de pouvoir donner ces pièces invendues qui ne seraient sinon pas consommées. Outre cette démarche de durabilité, l’idée est surtout de donner à manger à ceux qui ont moins de moyens. En tant qu’établissement familial, cela nous tient particulièrement à cœur. »

Une histoire de petits déj’
Cette jolie collaboration, qui se déroule au mieux tant pour Jenny que pour les Tattes, a commencé il y a déjà une année et demie grâce à Gustavo, travailleur social du centre. A l’époque, l’équipe fait le point sur le budget de leurs fameux petits déjeuners, des moments de partage matinaux qui sont une habitude de longue date pour les Tattes et qui tient à cœur à Gustavo. « Chaque personne avait droit à deux toasts avec Nutella, confiture ou miel, un jus de fruits et une boisson chaude. On a réfléchi à la façon de réduire les coûts, tout en agrémentant un peu cet assortiment », explique Noémie, chargée d’accueil social du centre. Elle part alors à la recherche des boulangeries alentour et trouve Jenny ! Pour les deux parties, c’est ce qu’on appelle un projet « gagnant-gagnant » : l’une est ravie de donner au lieu de jeter, l’autre récupère les invendus pour une rencontre chaleureuse du matin. Quelques points sont faits de temps à autre, c’est un projet qui roule.
Grâce à Jenny, un large choix est proposé : sandwichs, autres mets salés comme des plats du jour et parfois même des desserts ! Il a même fallu fixer quelques règles pour les personnes résidentes car l’événement a été victime de son succès, au début. Aujourd’hui, l’organisation est bien rodée : outre les deux personnes qui partent à la récolte dans les boulangeries, quatre bénéficiaires viennent dans la réception du centre à 8h chaque matin – du lundi au vendredi – pour la préparation du petit déjeuner. Les résidents du centre, une bonne quarantaine de personnes chaque jour, sont accueillis de 8h30 à 10h15.
« C’est comme si on se retrouvait au café du coin. Les gens ont leurs habitudes, leurs places préférées. Les ethnies se mélangent et il y a une super dynamique ! De mon côté, ces moments conviviaux sont primordiaux : les gens se confient facilement, je vois dans quel était d’esprit ils sont et cela me permet de prendre la température pour savoir comment la journée va se dérouler », conclut Noémie.