Retour 8 oct. 2019

Les baby-boomers à l'assaut de la retraite (4)

Les rêves ont la vie dure (série)

Les baby-boomers s’apprêtent à constituer la nouvelle génération de retraités, débarquant avec leur jeunesse exaltée de mai 68 et une carrière professionnelle menée par des « battants» comme les ont qualifiés les sociologues du travail. Quelle retraite rêvent-ils de vivre ? En indépendants avec leur pouvoir d’achat ? A recréer des liens sociaux avant que leur entourage ne s’éparpille ? A œuvrer pour la communauté ?
Un Forum ouvert est organisé au CAD les 11 et 12 octobre où divers ateliers de réflexion ouverts à toute la génération née entre 1947 et 1957 va développer des pistes pour  « mieux vivre ensemble, le plus longtemps possible ». Ses conclusions seront transmises aux autorités.
Venez nombreux.

Rosemarie
Comptable à la retraite mais encore active à temps partiel

Quels rêves de jeunesse sont restés immuables ?

J’ai voulu étudier les Beaux-Arts et aussi de me lancer dans la décoration d’intérieur, mais mes parents n’approuvaient pas ce genre de profession où on ne pouvait pas assurer ses fins de mois. Ça aurait été des métiers-passion, mais peut-être aussi l’illusion de métiers-passion.

Cette attirance pour la créativité, je l’ai finalement mise en pratique, dans des choses simples de ma vie, en dessinant, en peignant, en changeant régulièrement l’intérieur de la maison, en cousant les vêtements des enfants, en tricotant, etc.
Et puis, par la suite, c’est difficile de se rappeler ses rêves, à les revoir clairement. On est embarqué dans la vie et le rythme prend le dessus. Je sais que je voulais fonder une famille et que j’ai pu le réaliser, élever trois enfants. Et maintenant c’est au tour des petits-enfants !

L’arrivée à l’âge de la retraite voit-elle émerger de nouveaux rêves ?

J’ai passé plusieurs années de mon enfance en Afrique, ce qui m’a permis de vivre une autre réalité, de m’en imprégner. J’aimerais d’une certaine manière retrouver ce genre d’expérience aujourd’hui, de voyager différemment, de prendre le temps et d’approfondir la perception de l’endroit où l’on va. Découvrir les subtilités de la cuisine, sentir les épices et favoriser les rapports humains.

J’ai davantage de temps également pour repenser mon rapport aux modes de consommation dans notre société. Je fais attention à ce que je mange, à la provenance des produits, favorisant ceux qui respectent le cycle naturel des légumes et des fruits. Je fabrique moi-même mes produits de nettoyage, de lessive, mes produits de beauté. Enfin, je privilégie désormais la mobilité douce, les transports collectifs.

J’ai l’envie de vivre plus sereinement. Et comme je suis assez pragmatique, j’ai plutôt des objectifs que des rêves.
 

Rosemarie