Il y a dix ans, le 7 janvier 2016, Saeed, réfugié afghan alors âgé de 25 ans, arrivait à Genève. Fuyant l’instabilité de son pays natal, il s’est d’abord réfugié au Pakistan puis est venu chercher un avenir meilleur en Suisse. Retour sur un parcours marqué par la détermination et la persévérance qui l’ont mené, pas à pas, vers une nouvelle vie.
Après un passage par l’abri PC de Balexert, espace exigu de 32 places, Saeed est hébergé dans différents foyers d’hébergement collectif, dont le foyer Appia et plus tard le foyer Frank Thomas, qui ont depuis fermé leurs portes. Ces premières étapes dans son parcours d’intégration ne sont pas simples, mais Saeed se bat chaque jour pour surmonter les obstacles, en particulier ceux liés à la langue et à l’intégration à un nouvel environnement.
Il se fait des amis, apprend rapidement le français, une langue qui, pour lui, devient une clé essentielle pour ouvrir les portes de son avenir. En 2021, après plusieurs années de persévérance, Saeed décroche un emploi en tant que vendeur dans un kiosque à Bel-Air, un poste qu’il occupera pendant cinq ans. Toutefois, fatigué des horaires de nuit et avec l’envie d’évoluer, Saeed décide de se réorienter vers un métier qui lui correspond plus.
C’est ainsi qu’il décroche un contrat à durée indéterminée au sein de Connexxion, une entreprise d’interprétariat. Il travaille ainsi entre 10 et 20 heures par semaine, sur appel, en tant qu’interprète pachto-français.
« Mon histoire me permet de comprendre ce que certaines personnes migrantes traversent. En tant qu’interprète, j’essaie de traduire avec justesse et finesse leur réalité. »

Mais Saeed ne compte pas s’arrêter là. Parallèlement à son emploi, il a de nombreux projets, comme perfectionner son français pour atteindre un niveau encore plus élevé.
« Cette langue est riche en subtilités et j’aimerais vraiment approfondir mes connaissances. » Il souhaite également suivre une formation dans le domaine social, car il est convaincu que les diplômes sont un atout majeur sur le marché du travail.
Aujourd’hui, Saeed ne se contente pas d’être interprète ; il incarne la persévérance et témoigne d’une volonté profonde de contribuer à la société qui l’a soutenu. Nous lui souhaitons le meilleur pour ses futurs projets, qu’ils soient linguistiques ou sociaux.