Productrice de tofu fabriqué à partir de soja bio cultivé à Genève, Swissoja est une entreprise qui se distingue par son approche locale et responsable. Très active dans le domaine de l’insertion professionnelle, elle collabore aussi bien avec des organismes tels qu’IPT, les EPI – établissements publics pour l’intégration, l’assurance-invalidité (AI) que notre institution. Portrait d’une petite entreprise genevoise et durable, qui gagne à être connue !

De la Maison du tofu à Swissoja
Située dans le quartier des Acacias, Swissoja, c’est une histoire de famille. Créée en 1977, la PME est alors connue comme « La Maison du Tofu ». L’ambition de son fondateur est de promouvoir une alimentation saine, respectueuse des hommes et de l’environnement. Si la visée est restée la même, l’entreprise a, elle, bien grandi au fil du temps. En 1993, Alfonso Martinez, alors unique collaborateur de « La Maison du tofu » la reprend à son compte. 14 ans plus tard, en 2007, il revend la société à son neveu Manuel Martinez qui y travaille déjà, avec 1/6 autres employés. Manuel accède à la tête de l’entreprise et la renomme Swissoja, mettant ainsi l’accent sur l’aspect local de ses produits.
Une entreprise responsable
En 2026, Swissoja dénombre une petite vingtaine de collaboratrices et collaborateurs. « Ce chiffre varie selon le nombre d’apprentis et de stagiaires du moment », nous explique Manuel. « Chaque année, nous accueillons entre 5 et 10 personnes qui nous ont été recommandées par des organismes comme les EPI, l’association Yojoa, réalise ou encore l’Hospice général. Lorsque nous créons un nouveau poste ou qu’une place se libère, il nous arrive de la proposer à l’une de ces personnes. » C’est le cas d’Abdul, originaire d’Afghanistan, autrefois apprenti et qui est aujourd’hui opérateur de production ou encore de son compatriote Mostafa, devenu responsable de laboratoire à la suite de son apprentissage chez Swissoja.
Christopher von Büren, responsable de la logistique, nous fait part d’une autre success story : « Je pense aussi à Abdel qui était venu faire un stage chez nous. Il s’est engagé à fond dans son travail et 6 mois plus tard, on l’a engagé. Il est aujourd'hui adjoint de logistique. »

La formation mise en valeur
En dix ans, Manuel Martinez estime qu’une quarantaine de stagiaires et d’apprentis en administration, logistique ou production a fait ses armes chez Swissoja. « Les apprentis sont là durant 3 ans tandis que la durée des stages est très variable. Cela peut aller d’une semaine à temps partiel à 6 mois à temps plein. Nous nous adaptons à la situation des personnes et leur proposons différentes tâches et responsabilités en fonction de leurs capacités. »
Sur la vingtaine de collaboratrices et collaborateurs de l’entreprise, un bon quart porte ainsi la casquette de formateur. Elles et ils couvrent plusieurs filières : logistique, production alimentaire, commerce et médiamatique. Si Manuel est lui-même formateur – même si en tant que CEO il n’a désormais plus le temps de s’atteler à cette tâche –, c'est aussi le cas de Christopher : « Proposer un encadrement bienveillant et accompagner la personne dans sa formation est très important. Cela prend du temps mais ça en vaut vraiment la peine. Intégrer des personnes ayant un parcours différent, qui apportent un nouveau regard et de nouvelles idées, c’est très enrichissant pour les équipes. Quand on sait ce que certains ont traversé, on relativise aussi nos petits problèmes. Et puis, c’est un partage : ils sont reconnaissants qu’on leur donne leur chance et font souvent preuve d’une grande motivation et de l’envie d’apprendre. »
Cet engagement est largement reconnu puisqu’en 2024, Swissoja a reçu le prix de la meilleure entreprise formatrice dans le pôle services et hôtellerie-restauration. La petite entreprise a ensuite été récompensée du grand prix de l’économie en 2025 et vient tout juste de se voir remettre le prix de l’inclusion décerné par les EPI.

Et si c’était vous ?
Pour Manuel, la question d’engager des personnes dont la trajectoire n’est pas linéaire ou qui ont été cabossées par la vie ne se pose même pas : « Ca fait partie de notre ADN. Nous proposons des produits bio et durables et avons à cœur que cela se reflète dans les valeurs de l’entreprise. » A un employeur qui hésiterait à se lancer lui aussi dans cette voie, il répond : « Je lui dirais de toujours passer par un intermédiaire car il pourra jauger des compétences des candidats mais aussi des besoins de l’entreprise en amont. Il y a bien sûr parfois eu des stagiaires ou des apprentis avec lesquels il a été plus difficile de travailler mais, en définitive, on a toujours été contents d’avoir poursuivi la collaboration. » Christopher ajoute : « Je ne peux que recommander ! Je dirais aux employeurs de considérer l’aspect humain. On voit les gens persévérer et évoluer. On est très contents d’eux et on les sent fiers. Je pense à Abdul dont j'ai déjà parlé. Sa conseillère nous demandait s’il n’était pas trop réservé au travail alors qu’avec nous, c’est un vrai moulin à paroles. C’est dire s’il se sent à l’aise à présent. » (rires).
A bon entendeur !