Retour 15 juil. 2019

Les baby-boomers à l'assaut de la retraite

Les rêves ont la vie dure (série)

Les baby-boomers s’apprêtent à constituer la nouvelle génération de retraités, débarquant avec leur jeunesse exaltée de mai 68 et une carrière professionnelle menée par des « battants» comme les ont qualifiés les sociologues du travail. Quelle retraite rêvent-ils de vivre ? En indépendants avec leur pouvoir d’achat ? A recréer des liens sociaux avant que leur entourage ne s’éparpille ? A œuvrer pour la communauté ?
Un Forum ouvert est organisé au CAD les 11 et 12 octobre où divers ateliers de réflexion ouverts à toute la génération née entre 1947 et 1957 va développer des pistes pour  « mieux vivre ensemble, le plus longtemps possible ». Ses conclusions seront transmises aux autorités.
Venez nombreux.


Pierre Epiney, à la retraite depuis moins de 2 ans. Ancien collaborateur social.

pierre epiney

Quels rêves de jeunesse sont restés immuables ?
Bizarrement un ballon de foot. J’ai beaucoup joué dans ma jeunesse et à un bon niveau, si bien qu’aujourd’hui encore, lorsque je vois un groupe jouer au ballon, ma seule envie c’est de les rejoindre ! Et je le fais parfois.
La musique ne m’a jamais quitté non plus et j’avais l’ambition d’en faire carrière. Je passais des heures par jour sur ma clarinette et lorsque j’écoutais de la musique classique, je m’imaginais toujours à la place du soliste ou du chef d’orchestre. Eh bien, c’est plus fort que moi, ça reste toujours comme ça.
Et puis l’amour, le sentiment amoureux. J’étais toujours amoureux et j’idéalisais ma future femme. Je la voyais tzigane, avec de longs cheveux noirs et des yeux verts. Par bonheur ma femme en avait tous les attributs et nous avons eu 5 enfants ensemble. Aujourd’hui nous sommes séparés mais la quête amoureuse reste un puissant stimulant dans ma vie, même sous une forme platonique.

Au sortir des dernières années professionnelles où les rêves se sont tus pour laisser place à  mille contraintes et exigences, que se passe-t-il quand les rêves se réveillent ?
Mes rêves ne se sont jamais cachés et ont toujours pu s’exprimer. J’ai fait un plan de carrière à l’envers pour cette raison. Après des études à l’Institut d’études sociales, j’ai été propulsé à 30 ans directeur de « La Corolle », structure en faveur des personnes présentant un handicap mental, avant de devenir chef de groupe au sein du Service de la Protection des Mineurs puis « simple » travailleur social dans ce même service. C’était vraiment un choix. Pour moi, les vraies responsabilités étaient exercées en lien direct avec les gens. J’ai terminé ma carrière en tant que conseiller social dans un cycle d’orientation.

J’ai l’impression de réaliser mes rêves au fur et à mesure. Maintenant j’ai des rêves réalistes. A 19 ans, je voulais être instituteur dans un cirque et j’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir traversé la vie comme dans un cirque joyeux.

 

pierre epiney